L’antisémitisme est un refus de la lutte des classes !

Dans la fonction politique attribuée à l’antisémitisme, on attend de lui qu’il remplise un rôle : non seulement ébranler les masses, les jeter dans l’action, mais aider à surmonter les différences idéologiques liées aux clivages sociaux.

Moyen d’intégration du prolétariat dans la collectivité nationale, l’antisémitisme social est la seule argumentation capable de faire absculer dans le camp « national » une grande partie de ces « masses ardentes et souffrantes » dont « le point de vue est tout social »

Mais l’antisémitisme offre aussi un autre avantage, tout à fait exceptionnel : il permet en même temps de rallier la petite bourgeoisie menacée de prolétarisation. Pour démontrer l’identité des intérêts du monde ouvrier et de la bourgeoisie, il leur découvre, selon l’expression en vogue à l’époque du boulangisme, un « ennemi commun », la source commune de leurs maux, le juif.

Zeev Sternhell, Ni droite, Ni Gauche. La droite révolutionnaire 1885-1914