Appel Antifa 74

Pour un réseau antifasciste autonome en Haute-Savoie !

Dans le climat de progression des idées d’extrême droite, nous avons lancé de manière autonome et décentralisée « l’action antifasciste Haute-Savoie ». Cette initiative traduit un besoin de lutte et de connaissance du fascisme. Ce communiqué vise à préciser la situation locale et l’objectif de L’Action Antifasciste Haute-Savoie (AFA 74).

Un Front National en embuscade…

Alors qu’aux élections régionales de 2010 Bruno Gollnisch obtenait 31 102 voix, cinq années plus tard, au même type de scrutin, Christophe Boudot a obtenu 63 833 voix. De même, le candidat frontiste a gagné 5 000 suffrages entre le premier et le second tour, exprimant les limites de la mobilisation des abstentionnistes en faveur du « vote barrage ». Il y a clairement un resserrement des idées nationalistes et racistes colportées par le F.N autour des classes populaires. PourtantFlammeFeu, les dirigeantEs locaux du parti d’extrême droite sont loin d’être issus des milieux populaires, la majeure partie d’entre eux/elles étant au contraire issue des milieux aisés. Les membres de ce parti ne se privent pas de répandre leurs conceptions racistes et antisémites. En mars 2014, Thierry Paimparet, candidat sur la liste du parti frontiste à Cluses, se prenait en photo, kalachnikov à la main, avec pour légende « plutôt être envahi par la Russie de Vladimir que finir par subir l’islamisation de ma France ». Et Jean Capasso, leader du FN sur Annemasse, de déclarer après les attentats contre Charlie Hebdo que « nous ne devons pas mettre en cause l’islam, mais un sionisme américain pour en faire son nouveau terrain de jeu ». Des discours islamophobes aux déclarations antisémites, le F.N 74 ne semble pas renier son bon vieux fond de commerce haineux et paranoïaque.

… qui alimente des groupuscules néo-fascistes

En parallèle au Front National qui représente la partie institutionnelle de l’extrême droite prospère des groupuscules à la marge, beaucoup plus portés vers l’action de rue. Ces groupes sont principalement basés sur Annecy et son agglomération, comme « Autour du Lac », « Adn crew – Alpes du nord », « Parti Nationaliste Français – Haute-Savoie ». Il est fort à parier que ces groupuscules plus ou moins formels soient des créations d’ancienNEs membres des jeunesses nationalistes à la suite de leurs dissolutions après le meurtre de Clément Méric par l’un de leur membre à Paris le 6 juin 2013.

EntrainéEs la violence physique, un de leurs membres a été arrêté en septembre 2015 à Annecy12573078_1691173891160780_7275667851716813484_n en train de coller des autocollants anti-migrantEs en possession d’un poing américain et d’un couteau. Or, les personnes issues de ces groupuscules sont loin d’être rejetées par le Front National comme l’atteste, entre autres choses, la présence de personnes issues de la scène ultra-nationaliste à des réunions du Front National Haute-Savoie. Nul besoin d’ailleurs de ces groupuscules pour que des candidat(e)s F.N appellent en sous-main à la radicalisation : après les résultats de décembre 2015, Olivier Burlats, ex-candidat Bleu Marine pour Seynod, affirmait que « le nombre (d’immigré(e)s – ndr) ne va cesser d’augmenter dans les années qui viennent compromettant ainsi les chances de la droite nationale d’arriver au pouvoir par la seule voie électorale ». C’est un appel clair et net à l’action extra-légale.

Dans un contexte de fascisation, s’organiser contre les actes et les rassemblements fascistes.

Dans une période de reflux général des luttes sociales et de recrudescence des actes islamophobes et antisémites, nous pensons qu’il est plus que nécessaire de combattre dès aujourd’hui l’extrême droite et de ne pas attendre la multiplication de leurs lieux d’entrainements et d’endoctrinements pour réagir. Le département est loin d’être épargné des actes islamophobes, racistes et antisémites.


12625714_816289301849815_1787937426_nLa riposte anti-fasciste contre ce climat nauséabond nous semble assez faible. Il y a eu récemment des manifestations à Annecy contre le racisme (2013) et pour l’accueil des réfugiés (2015), mais il est dommageable que des meetings d’extrême droite puisse se tenir sans opposition collective. Alors qu’en 1998, 2 000 personnes pouvaient se réunir à Thonon-les-bains contre la venue de Bruno Mégret (F.N) le meeting de Marine Le Pen à la Roche-sur-foron en février 2015 n’a pas entraîné de contre-rassemblement. On ne peut se contenter de dénoncer les scores électoraux élevés pour le F.N et laisser prospérer leurs meetings et leurs campagnes impunément. Il nous semble ainsi fondamental de développer un réseau autonome des institutions, capable de riposter contre les activités d’extrême droite et de faire un travail de veille antifasciste sur le département.

L’antifascisme, c’est lutter contre les idées conservatrices et réactionnaires.

Le fascisme est la conséquence directe d’un système capitaliste en crise qui, pour se moderniser, doit diviser les exploitéEs afin de détourner leur révolte vers des objectifs nationalistes. Des vidéos antisémites d’Alain Soral aux diverses théories complotistes en passant par l’islamophobie de Marine Le Pen, tou-te-s servent à désarmer le peuple. Comme l’affirmait Bertold Brecht, « le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise ». L’histoire révèle que lorsque le capitalisme vacille, les partis traditionnels participent d’une fascisation de la société par la répression sociale et l’exaltation nationale. Les attaques du gouvernement actuel contre des syndicalistes, les roms, les immigréEs et les menées guerrières en sont des exemples contemporains. Ainsi, notre antifascisme refuse les stratégies opportunistes du P.S, car principales alliées dans le renforcement du F.N.


action-antifasciste
Nous constatons que l’extrême droite se renforce aussi dans la jeunesse ouvrière car les canaux de contre-information (syndicaux et politiques) sont très faibles dans les zon
es rurales. C’est internet qui joue un rôle fondamental de politisation et amène bien souvent aux sites proposant une vision antisémite et raciste de l’histoire. Dans ces zones, les prolétaires sont isoléEs dans des petites entreprises, une partie d’entre eux/elles ont accédé à la propriété individuelle et l’allongement des trajets domicile-travail a renforcé l’emprise de la voiture sur les modes de transports. Tout ceci renforce l’éclatement des solidarités, le repli sur soi et l’information « mainstream ».

A notre sens, l’anti-fascisme doit pratiquer une bataille culturelle quotidienne contre les idées d’extrême droite. La vision rétrograde qui conçoit la société comme une lutte entre des fort(e)s et des faibles est alimentée par le sexisme, l’antisémitisme, le racisme et le mépris des prolétaires. L’anti-fascisme se doit donc de combattre les sources de diffusion des idées d’extrême droite, comme le sont, par-exemple, la glorification de la virilité masculine ou le mépris de classe. Notre anti-fascisme passe ainsi par la défense d’une société métissée qui intègre toutes les minorités et refuse la hiérarchisation des personnes selon leur sexe, leurs diplômes et leurs origines ethnoculturelles.

Contre l’extrême droite et la banalisation de ses idées, Riposte immédiate !

Ne laisse plus rien passer autour de toi, Rejoins l’AFA 74  !

antifascisme

 

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