Sur l’écocide : la destruction de zones humides par les centres commerciaux

Alors que la zone humide de Notre-Dames-des-Landes a été sauvée avec l’annulation du projet de grand aéroport, la loi sur l’eau (2006) continue à être bafouée par les monopoles capitalistes.

Actuellement, il y a trois projets locaux qui témoignent de la logique mortifère de l’accumulation du capital :

  • à Bellegarde-sur-Valserine (01) c’est un centre commercial baptisé « Le Village des Alpes » qui va détruire, en partie, une zone humide de 14 hectares (prairies humide à molinie) ;
  • à Saint-Genis-Pouilly (01) au nord de Genève, c’est également un centre commercial dénomé Open qui va détruire 14 hectares de zone humide ;
  • à Sallanches (74), c’est un une galerie marchande baptisée « The Snow » qui devrait également engloutir une zone humide.

Une partie de la zone humide de Saint-Genis-Pouilly

La logique de ces centres commerciaux est toujours la même : il y aurait là un fort potentiel de pouvoir d’achat grâce à une région riche proche de Genève, et l’idée d’un marché du travail dynamique (le taux de chômage y est plus faible que la moyenne nationale).

Dans ces espaces on se croirait bloqué dans les années 1970 : le développement capitaliste à « tout bout de champ » ! L’existence d’un fort pouvoir d’achat légitimerait encore le développement chaotique sans considération pour les écosystèmes !

Evidemment, nous ne sommes plus dans les années 1970 :  l’accumulation capitaliste engloutit des pans entiers d’espaces naturels (donc souvent des zones humides) alors que notre époque porte surtout le devoir d’élaborer un nouveau rapport à la nature, plus harmonieux, plus pacifique.

Ainsi, comme chacunE le sait, les zones humides sont les espaces centraux, essentiels, vitaux, au développement de la faune et de la flore, de certains insectes comme de certains animaux.

La prairie humide à molinie de Bellegarde-sur-Valserine

Entre terre ferme et cours d’eau, ces espaces forment des sortes d’éponges (tourbières) qui participent à l’éclosion et au développement de la vie tout autant qu’à la régulation des eaux de pluie.

Si une véritable pression populaire existait, les zones humides seraient des espaces sanctuarisés, avec une interdiction stricte de toute activité humaine dans ces lieux.

A Bellegarde-sur-Valserine, l’enquête publique dattant de 2016 dit  :

Le principal enjeu impactant les habitats naturels concerne la zone humide. Les enjeux faunistiques du site concernent principalement l’avifaune et les chiroptères qui trouvent là un milieu très favorable avec un nombre élevé d’arbres à cavités, des prairies humides bordées de haies.

Qu’est-ce-que l’avifaune et les chiroptères ? L’avifaune c’est l’ensemble des oiseaux vivants dans un espace naturel déterminé (ce qui inclus les espèces sédentaires et saisonnnières). Les chiroptères c’est l’appellation scientifique pour nommer les chauve-sourris. Le rapport affirme donc clairement que la destruction de cette zone humide va impacter l’habitat de ces animaux…

Quel mépris pour la Nature !  Quel état d’esprit de bourgeois que d’affirmer de telles choses alors qu’une récente étude vient de prouver la disparition inquiétante des oiseaux…

Depuis 2000, c’est 30 % des espèces d’oiseaux recensées en campagne qui ont disparu…

Dans ce contexte, il est évident que cette zone humide devrait être protégée coûte que coûte afin de conserver un minimum d’habitat pour des oiseaux qui voient leurs existences se réduirent sous les coups de massues d’une humanité aliénée dans le capitalisme.

Cette absence de considération éthique envers la Nature est, en partie, liée à la dépendance aux grandes villes qui indiquent la marche à suivre.

Les projets écocidaires cités sont en grande partie liés à l’influence de la métropole Genevoise. Tous ces projets se situent à moins de 100 km de la métropole urbaine, et les projets ciblent bien souvent la clientèle huppée qui en provient (travailleurs frontaliers inclus).

Voilà une confirmation de la loi du capitalisme énoncée par Karl Marx. Il disait qu’il y avait une « corrélation fatale entre l’accumulation du capital et l’accumulation de la misère, de telle sorte qu’accumulation de richesse à un pôle, c’est égale accumulation de pauvreté, de souffrance, d’ignorance, d’abrutissement, de dégradation morale, d’esclavage, au pôle opposé, du côté de la classe qui produit le capital même » (Le Capital).

A la richesse de Genève s’oppose la pauvreté des villes dortoirs aux alentours. Car la pauvreté n’est pas simplement « économique », elle est aussi sociale, culturelle, morale.

En vert, les zones rurales ; et en rouge/orange les unités urbaines (plus de 20 000 habitantEs) liées à Annecy et Genève.

Lorsqu’on connait la pauvreté de la vie quotidienne à Bellegarde-sur-Valserine, à Saint-Genis-Pouilly ou dans la vallée de l’Arve (Sallanches), comment ne pas critiquer également l’asphyxie sociale, le dessèchement culturel qu’entraînent de tels projets commerciaux ?

La défense de la zone humide inclut belle et bien aussi une lutte des classes, avec la revendication populaire pour une vie digne, en harmonie avec la Nature et riche au point de vue social et culturel !

Une guêpe en cours de butinage à la zone humide de Sallanches

La vie sous le capitalisme se réalise toujours plus dans un quotidien aride et ennuyeux, avec le centre commercial comme seul zone de transit social et « culturel ».

La ville, la campagne, tout cela disparaît pour ne laisser que des gigantesques métropoles qui broient les individus et favorisent un étalement rurbain destructeur de la nature et qui appauvrit les populations. Ecocide et misère sociale, voilà la société proposée par la bourgeoisie !

La solution serait bien évidemment de reprendre le contrôle collectif et le pouvoir sur les moyens de production, sur les échanges, pour fonder des communes populaires capables de protéger la nature et de développer des lieux d’échanges sociaux et culturels riches…


Les pages facebook des collectifs contre les projets :

Non au projet « The Snow » à Sallanches

Contre Open à Saint-Genis-Pouilly

Une réflexion au sujet de « Sur l’écocide : la destruction de zones humides par les centres commerciaux »

  1. Ping : 1er mai 2018 : Renforçons notre camp ! | Action Antifa 74 !

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