Sur l’attaque meurtrière à Carcassonne et à Trèbes

Ce vendredi 23 mars une attaque terroriste dans le sud de la France, à Carcassone et Trèbes, a tué 3 personnes et en a blessé 16. Il y a là encore une profonde illustration de la montée du fascisme en France.

Bien sûr pour comprendre cela, il faut avoir la définition traditionnelle du fascisme, celle qui le voit comme un mouvement qui asphyxie toute culture et détourne toute sortie positive du capitalisme.

Cette attaque est le fruit d’un jeune en errance complète : sans emploi et vivant au domicile parental dans une petite cité HLM de Carcassone (45 000 habitantEs), tentant de s’en sortir à travers des petits trafics et cherchant un cadre existentiel dans le fondamentalisme islamiste.

La prise d’otage s’est ensuite déroulée dans le coeur du quotidien populaire : un supermarché du village de Trèbes, 6 000 habitantEs, dans l’aire d’agglomération de Carcassonne Avant d’entamer son attaque terroriste, le meurtrier emmenait « sa petite sœur à l’école », témoin d’une vie quotidienne populaire…

Trèbes, village de 6000 habitantEs

Il y a là une contradiction entre à la fois une survie dans le quotidien capitaliste et à la fois une quête existentielle tournée vers le passé. Car pourquoi un individu connu pour des petits trafics de stupéfiants basculent-il dans le terrorisme réactionnaire ? Comment un individu qui trouve un cadre existentiel dans une idéologie aussi rigide que le salafisme peut-il d’un autre côté être un « petit dealer » ?

Le quartier HLM de Carcassonne

Voilà les contradictions typiques de la crise profonde que subit ce pays dans lequel un opprimé peut s’en prendre à d’autres opprimés dans une logique auto-destructrice romantique, typique de la « révolte contre le monde moderne » prônée par le théoricien fasciste Julius Evola.

La bourgeoisie parle d’ « actes isolés » mais cela est surtout le fruit de personnes autonomes qui passent à l’action sous la pression d’une idéologie politique. Cette idéologie est clairement l’expression de la montée du fascisme car dans le fondamentalisme islamiste, il y a l’idéalisation d’un passé féodal qui s’opposerait à une société vue comme « décadente » ; avec l’antisémitisme qui n’est jamais bien loin.

L’enjeu principal c’est bien que des jeunes gens qui vivent la misère sociale et culturelle, l’ennui et l’enfermement dans des petits boulots répétitifs, expriment leur colère dans une logique de terreur meurtrière contre la population elle-même. S’en prendre à des policiers de manière isolée, s’attaquer à des salariéEs d’un supermarché, c’est un déni profond de la lutte des classes.

Au fond, en tant qu’antifascistes, nous disons que cette attaque n’est que l’expression d’une totale absence de la gauche dans sa capacité à changer la vie, qui est justement de plus en plus difficile au plan social, moral, culturel. Sur cette absence de la gauche, c’est le fascisme dans toutes ses variantes qui se développe…

Enchaîné à une vie morose, le terroriste de Carcassonne illustre que la survie, la débrouille, le  petit illégalisme dans une époque de profonde crise sociale se retourne rapidement dans un sens réactionnaire et mortifère.

Tant qu’aucune solution progressiste ne répondra à la vie quotidienne oppressante du capitalisme et du racisme, seul le fascisme sortira victorieux.