Derrière le fascisme, le complexe militaro-industriel

La loi de Programmation Militaire (LPM) 2019-2025 prévoit d’atteindre la règle des 2 % du P.I.B proposé par l’OTAN consacrés à l’armée.

C’est une expression de la montée de la guerre dans un contexte de fortes tensions entre les grandes puissances.

La LPM prévoit donc 300 milliards d’euros ; dont 20 % pour la modernisation du matériel, 14 % pour les conditions de vie des soldats. Ce sont 6 000 nouveaux postes qui vont être créés avec une concentration sur la fameuse « dissuasion nucléaire ».

Une telle augmentation budgétaire pour l’armée, c’est du jamais vu depuis 20 ans !

La bourgeoisie française, avec sa fraction réactionnaire toujours plus offensive (dont la démission de Pierre De Villiers en juillet 2017 fut une des illustrations), prépare la guerre impérialiste.

Cette hausse du budget militaire a surtout pour but de maintenir l’autonomie stratégique de l’impérialisme français sur fond de tensions avec la Russie et de concurrence avec les autres membres de l’OTAN (en 2015-2016 ce sont 16 pays membres qui ont augmenté leur budget militaire).

En arrière-plan, c’est le complexe militaro-industriel qui est à l’offensive.

La presse de l’industrie (Usine Nouvelle) est ravie !

MBDA, Airbus, Thales, Roxel, Safran, Naval Group, Nexter, Orano (ex-Areva) : l’État est actionnaire à plus de 12 % dans toutes ces entreprises tournées vers le secteur militaire.

De nombreux personnes dirigeantes de ces monopoles sont liées à l’appareil d’Etat, comme Patrice Caine (dirigeant de Thales, et ancien conseiller technique sous le gouvernement Jospin entre 200 et 2002), Anne Lauvergon (fondatrice d’Areva et présidente de la « commission inovation » en 2013), Serge Dassault (président du groupe du même nom et séanateur), etc.

La guerre est une manière pour le capitalisme de relancer une nouvelle accumulation lorsque le taux de profit chute. Mais pour relancer, il faut financer, et pour financer, il faut trouver les fonds.

En 2016, dans la revue hors série 49 de Défense & Sécurité Internationale (DSI), un « expert » disait que « le respect des engagements en matière de finances publiques est intenable avec celui des engagements vis-à-vis de l’OTAN, sauf à réduire les autres catégories de dépenses et en particulier les dépenses sociales ».

L’élan vers la guerre extérieure doit donc être précédée d’une victoire dans la guerre intérieure.

Mais s’attaquer aux « conquêtes sociales », c’est s’attaquer à un héritage populaire tellement intégré qu’elles sont vécues comme des « acquis ». L’attaque contre le statut des cheminots se situe dans cet objectif.

C’est dans ce cadre là que l’on comprend mieux la montée du fascisme. Le Bastion Social et sa « préférence nationale »  qui vise à « réserver » les aides sociales aux seuls « nationaux » sont un exemple limpide de défense de l’impérialisme.

Le fascisme avance bien comme mobilisation des masses populaires pour la défense chauvine de la nation en vue de futures guerres de conquête.

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