Plus qu’une motion municipale c’est d’une autonomie antifasciste dont nous avons besoin !

Ce lundi 26 février 2018 avait lieu le vote d’une motion du conseil municipal de Chambéry contre l’existence du local d’extrême droite « Bastion Social » au 171 avenue de Lyon.

Au-delà des condamnations de principes et comme tout le monde s’en doutait, cette motion n’est qu’une simple formalité pour se dédouaner du « problème ».

La division juridique remplit un rôle lorsque le fascisme avance : celui d’évacuer la responsabilité des notables locaux au profit de celle de l’Etat. Il est en effet demandé à la préfecture de « dissoudre » le Bastion Social et de se « pencher » sur les moyens de fermeture du local.

Cela permet aux notables locaux de s’acheter une bonne conduite auprès de la population en disant qu’en tant qu’ « élu de la République », « on a fait ce qui était en notre pouvoir ».

Là où Jean-Baptiste Cérino (opposition P.S) a raison, c’est dans sa critique de la nouvelle caméra installée sur l’avenue de Lyon par la majorité municipale dirigée par Michel Dantin (Les Républicains).

En effet, est-ce une caméra de « protection » ? Si c’est le cas, la responsabilité politique est-elle de « protéger » de tels groupuscules ?

Pour revenir à la demande municipale de dissolution du mouvement Bastion Social, c’est là bien mal connaître la situation politique :

1./ Comment dissoudre un mouvement qui a comme principe fondateur « l’autonomie » ? Le « Bastion Social » n’a pas un bureau constitué sur le mode des associations loi 1901 : on ne dissout pas un mouvement constitué sur l’affinité sociale et politique !

Les décrets de juin 1936 de dissolution des ligues fascistes. Les Croix de Feu, principales forces fascistes, se recomposent dans le Parti Social Français du Colonel François de la Rocque en Juillet 1936…

2./ La demande de dissolution se base sur une loi du 10 janvier 1936, réponse de la gauche parlementaire contre les émeutes des ligues factieuses le 6 février 1934. Mais à chaque vague de dissolution (1936, 2002, 2013), cela n’a eu qu’un faible effet car l’extrême droite s’est toujours réorganisée sur une nouvelle base.

3./ On sait que Bastion Social surfe sur une tendance de fond de l’extrême droite qui, ne l’oublions pas, a obtenu 11 millions de voix le 7 mai 2017. Se poser la question de sa dissolution, c’est reconnaître déjà que ce groupe a acquis de réelles positions politiques et matérielles dans un moment défavorable pour les forces démocratiques…

Au final, la préfecture ne peut pas faire grand-chose. Les recours juridiques du propriétaire du bail vont s’enliser dans une longue procédure judiciaire, laissant les néofascistes libres pour quelques années…

L’objectif des institutions c’est de « rassurer » la population, de montrer qu’elles « sont sur le coup » mais sans une pression populaire autonome cela a peu de chances d’aboutir à quelque-chose.

Bastion Social c’est déjà cinq locaux en France, avec des soutiens du F.N en arrière-plan et des capacités logistiques laissant penser à d’importants mécènes privés…

Bastion Social Chambéry, c’est l’Edelweiss Savoie, groupuscule lié aux catholiques intégristes locaux de Civitas et de la Fraternité Saint Pie X.

Dans ce contexte, il faut un antifascisme autonome, organisé sur la base de petits groupes de personnes en confiance en assumant l’autodéfense politique et idéologique.

Laisser un commentaire