« Notre puissance économique et notre mode de vie » : le Bastion Social c’est l’impérialisme français

Le Bastion Social lance officiellement sa première campagne politique autour de la thématique de la « préférence nationale ». Cette campagne politique revêt une dimension stratégique précise que les progressistes doivent saisir.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Bastion Social fait vraiment de la politique, révélant son lien « organique » avec le F.N.

Lancer une campagne sur la « préférence nationale » à un mois du XVIe congrès du F.N (10 et 11 mars 2018), c’est vraiment chercher à peser sur la ligne politique de la « maison mère ».

Derrière ce thème « historique » de l’extrême droite, en particulier du F.N, se cache une défense acharnée de l’impérialisme français :

« La préférence étrangère et le masochisme identitaire, promus par une oligarchie politico-médiatique au service d’intérêts financiers transnationaux, ont plongé notre nation dans une crise sans fin et entraîné une déconstruction progressive de notre puissance économique et de notre mode de vie.[…] Pas de justice sociale sans préférence nationale ! Rejoignez ou soutenez le Bastion Social, le syndicat du peuple français ! »

De quel mode de vie parlent-ils ? Du mode de vie périurbain pavillonnaire et individualiste dans lequel une partie des classes populaires a été enfermée à cause des prêts à l’accession sociale ! C’est une vie individuelle, recluse sur sa seule famille où l’horizon du « petit jardin » et de la voiture asphyxie toute échange culturel collectif…

C’est de cette vie dont rêve le Bastion Social en rêve ! Ils ont un désir profond pour les exploitéEs : que l’on devienne toutes et tous des bourgeois propriétaires enfermés dans nos maisons. Dans le fond, les jeunes du Bastion Social sont aussi vieux que les anciens du FN : ils sont nostalgique de l’ « ascenseur social » des trente glorieuses.

Pourquoi affirmons-nous que Bastion Social est un produit de l’impérialisme français ? Justement parce que ces néofascistes ne disent rien sur le « pourquoi du comment » de l’ascenseur social des fameuses « trente glorieuses ».

Faut-il rappeler que la « puissance économique » de la « France » d’après 1945 s’est faite sur la sur-exploitation des prolétaires immigrés, essentiellement ceux issus des pays du Maghreb ?

Faut-il rappeler qu’en occupant les postes du « bas de l’échelle », avec toute l’humiliation sociale et culturelle qui va avec, les prolétaires immigrés ont favorisé l’ascension sociale des couches supérieures de la classe ouvrière française ?

Les bidonvilles d’ouvriers immigrés des années 1960 ou la face cachée de la « puissance économique française »…

Faut-il rappeler que la « puissance économique » de la France se fait encore et toujours dans la domination et le pillage des richesses des pays pauvres ?

Si toute la richesse provient du travail, d’où provient le surplus de richesses qui financent les multiples dispositifs d’aide à l’accession à la propriété ?

Comment ne pas voir que ces surplus de richesse proviennent de la sur-exploitation des pays pauvres par les grands monopoles capitlaistes français ? En effet, la part de surprofit récoltée puis redistribuée dans les comités d’entreprises, les « cotisations sociales » se retrouvent ensuite dans ces aides à la propriété pour intégrer-pacifier les prolétaires de la métropole.

La France, un grand impérialisme !

La fameuse « puissance économique » dont parle Bastion Social c’est la guerre, le pillage, la sur-exploitation !

En parlant de « puissance économique » et de « mode de vie », Bastion Social se pose en ultim recours de la bourgeoisie en cas d’offensive métissée et populaire. Sa perspective c’est la défense coûte que coûte de la propriété privée y compris par la guerre impérialiste !

Cette campagne du bastion Social est une balle de plus dans le camp de la guerre, un camp déjà bien trop fort avec ses généraux véléitaires, ses budgets augmentés, ses services militaires réhabilités…

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