Pourquoi doit-on qualifier Bastion Social de néonazi ?

Les militants du Bastion Social Chambéry doivent être clairement qualifiés de « néonazis » non pas pour « faire peur » ou par « facilité argumentative » mais bien pour ce que leur vision du monde représente.

Après les tournois de football et de boxe réservés aux militants, les néonazis savoyards veulent sortir de « l’entre-soi militant » pour se tourner réellement vers la population par l’ « action sociale ».

Des militants d’Edelweiss à Annecy lors du rassemblement « anti-migrants » organisé par le FN74 en octobre 2016.

Là où toute la démarche nazie se retrouve c’est justement dans la mise en avant du « social » par ce groupe nationaliste.

Du slogan d’Edelweiss « Social, National, Radical » au mot d’ordre du Bastion Social (« Autonomie, Justice Sociale, Identité »), il y a une même substance : subordonner la « justice sociale » à la défense acharnée de l’ « identité nationale ».

Evidemment, l’objectif du « Parti National-Socialiste des travailleurs allemands » (NSDAP) fondé en 1920 par Anton Drexler et Adolf Hitler a toujours été de faire passer le social au service du national afin d’en vider le contenu révolutionnaire et internationale.

En août 1930 le journal du DNVP, parti de droite national-conservatrice allié du NSDAP, exprime la division du travail politique entre la « droite nationale » et le « national-socialisme » :

« La droite nationale ne pourra être atteint que quand le DNVP regroupera de la façon la plus large possible tous les milieux de la population résolument nationalistes mais également favorables à l’économie privée, et quand le national-socialisme accomplira la tâche de faire des socialistes internationalistes des socialistes nationaux »

L’héritage pétainiste du Bastion Social Chambéry

Ce « socialisme national » c’est tout bonnement casser la solidarité de classe et appliquer le vieux mot d’ordre « diviser pour mieux régner » au bénéfice de la classe possédante.

A la marge du parti « parlementaire » en recomposition (F.N) chargé de « regrouper de la façon la plus large », la tâche claire de Bastion Social est bien de « faire des socialistes internationalistes des socialistes nationaux ». 

Mais Bastion Social c’est aussi le renouveau, le néonazisme.

Le NSBO, syndicat des nazis

Dans les années 1930, Adolf Hitler, pour qui « le redressement de l’Allemagne dépend de l’anéantissement de la vision du monde marxiste en Allemagne » (discours du 28/02/1926 à Hambourg) a adopté les méthodes de ces ennemis pour justement les neutraliser. Au Parti Communiste et au Parti Socialiste d’Allemagne répondait le « Parti National-Socialiste des travailleurs allemands », et aux puissants syndicats ouvriers répondait l’Organisation des Cellules d’Entreprises National-Socialistes (NSBO).

Aujourd’hui la classe ouvrière est dans l’ « ère de l’autonomie », c’est-à-dire une démarche antagoniste avec les institutions sans organisation formelle. Il n’y plus de parti représentatif de la classe et les syndicats sont depuis bien longtemps en panne sèche.  Les exploitéEs voulant résister au capitalisme s’organise et lutte de manière informelle et entre groupes d’amiEs.

Récolte alimentaire par Bastion Social Lyon

Or, comme hier, pour neutraliser la critique sociale par le nationalisme, les fascistes tentent d’agir sur notre propre terrain, l’ « autonomie ». Les héritiers français du nazisme se tournent vers l’activisme social afin de concurrencer les forces populaires « autonomes », comme l’atteste la reprise des « squats » ou les « récoltes alimentaires » sur des bases xénophobes.

Et contrairement à nous, ils ont l’avantage d’avoir des mécènes bourgeois et une idéologie au service de ces derniers.

Bastion Social, c’est bien le néonazisme du XXIe siècle et comme ses aïeux il finira balayer par l’Histoire.

Laisser un commentaire