Extrait de livre : Le front populaire. La France de 1934 à 1939

Quelque soit l’identité progressiste que l’on porte ce qui doit retenir l’attention de la lecteur ou de la lectrice, c’est le fait que le Front Populaire c’est une poussée de la base populaire en vue d’une émancipation sociale et culturelle :

« Les résultats obtenus par le front populaire sont dûs à la convergence de l’action directe des masses, de l’initiative gouvernementale et de l’appui qu’ell a rencontré dans le Parlement. Il serait facile de montrer que les échecs commencent précisément au moment où cette convergence est affaiblie. […]

 » Vive le Front Populaire – Prolétaires unissez-vous ! « 

[Une donnée à retenir] c’est le changement du rapport des forces à l’intérieur de la gauche. Le progrès des communistes ne peut pas être mis en question. De janvier 1936 à décembre 1936, les effectifs ont passé en gros de 80 000 à 288 000, soit un bond de 350 %. La progression continue en 1937, plus lente mais assurée avec un gain de 50 000 unités. En 1938, la croissance est moins nette, mais il n’y a pas de tassement. […]

Nous assistons encore une fois, à une convergence de phénomènes. Il y a un progrès électoral (il faurait ne pas s’en tenir aux élections législatives de 1936). Il y a aussi une influence grandissante dans la C.G.T des militants venus de la C.G.T.U [communiste]. Peut-on se contenter de tout expliquer par un art particulier du noyautage qui serait une des vertus communistes ? N’est-ce pas plutôt le fait que les propositions des communistes ont un retentissement de plus en plus profond ?

Il faut y ajouter la pénétration croissante du marxisme. La publication de deux tomes de l’ouvre A la lumière du marxisme, le rayonnement de l’Unviersité Ouvrière, de la revue Commune, la création de la revue La Pensée ne sont que des témoignages parmi beaucoup d’autres. […]

Distribution de lâmes d’acier par le Front populaire pour déchirer les affiches des ligues fascistes et se défendre pendant les manifestations

Sans doute le danger de « fascisation » n’avait pas disparu en 1939, mais il a fallu la guerre pour que, provisoirement, triomphe avec Vichy, une variante française du fascisme. […] L’expérience du Front populaire nous semble montrer que si, d’une part, il s’établit un rapport dialectique de plus en plus profond entre la lutte pour la démocratie et le socialisme, on ne saurait, d’autre part, confrondre les deux étapes. Il faudrait enfin étudier le retentissement du Front populaire à l’étranger et chez les peuples soumis à la domination coloniale.

Le Front populaire constitue un héritage commun pour les communistes et les socialistes. De la Commune à la Libération, le Front populaire est pour la France l’événement relais. »

Jean BRUHAT, Le Front Populaire dans la stratégie du passage au socialisme : portée et limites du Front Populaire (dans Le Front populaire. La France de 1934 à 1939, Editions Sociales, 1972)

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