L’oppression du samedi soir, femmes et boîtes de nuit

Lorsqu’on ne vit pas à Annecy ou dans les stations de ski en haute-saison, le quotidien est généralement morose. La période des fêtes est l’occasion pour nous de pointer les violences contenues dans le divertissement, en particulier pour les femmes.

Le sexisme des boîtes de nuit…

C’est dans la petite période de jeunesse que s’exprime un fort besoin d’émancipation en faisant des soirées festives entre amies.

Mais où peuvent aller les femmes quand elles veulent se divertir ? La proposition principale est celle de la boîte de nuit.

C’est le lieu le plus mis en avant dans une société patriarcale où le plus important n’est pas l’épanouissement des femmes mais la satisfaction physique des hommes.

C’est ainsi que les femmes se retrouvent à servir d’appât pour des hommes cherchant à tromper leur propre solitude ou manque affectif.

On trouve ainsi régulièrement des flyers sexistes, avec des femmes à moitié nues pour vendre la soirée. Et surtout, des « privilèges » tels que des réductions ou gratuité sur l’alcool pour les filles. De telle manière qu’on a l’impression qu’il est dit aux hommes : « Venez, elles seront à point pour votre arrivée ».

Ce n’est rien d’autre que l’expérience de l’agression et du viol potentiel qui est proposée. Utiliser l’alcool pour altérer le consentement des femmes et les entrées gratuites pour espérer un large choix de proies.

Quelle femme ayant été en boîte ne s’est pas faite toucher sans son consentement… Ou pire ?

Tant de choses à subir pour finalement des soirées de mauvaise qualité, avec des dj’s sans recherche musicale qui se contentent de passer les derniers tubes standardisés. Si les transitions entre les morceaux sont à peu près propres et sans intervention façon manège toutes les trente secondes, c’est une chance !

Pour les personnes qui refusent cela, il y a peu d’alternatives. Il y a alors quelques associations qui se démènent pour faire venir des artistes ou fédérer une scène musicale locale.

C’est également en réactions à la sélection raciste et à la superficialité des discothèques et des soirées commerciales que le mouvement des freeparty s’est formé comme proposition alternative.

Enfin, il reste les voitures et les soirées en appartement, mais bien souvent c’est encore très masculin. Combien de filles se retrouvent dans un coin pendant que les mecs fument des joints en jouant à la console ?

Soyons lucides, la consommation poussée à l’extrême et les divertissements centrés autour de l’ivresse nous attirent car ils sont un moyen d’oublier la pression capitaliste du quotidien.

Pour ne pas avoir à choisir entre se cacher des hommes en restant chez soi ou se corrompre dans la consommation superficielle, les femmes doivent s’investir publiquement pour se réapproprier des lieux festifs et conviviaux !

Femmes prolétaires, nous avons raison de refuser la décadence capitaliste et patriarcale des discothèques. Nous nous devons maintenant de créer des moments culturels pour aller vers des rapport harmonieux !

Il n’y aura pas de solution à l’ennui et au manque affectif sans féminisme !

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