Contre la guerre !

L’armée comme « grand muette » est un mythe.

La publication, ce mercredi 8 novembre 2017, de « Servir », le livre de l’ex-chef d’état major des armées, Pierre De Villiers, est l’expression d’une tradition militaire à intervenir dans le champ politique lors des moments troublés. Cette démission exceptionnelle en juillet 2017 est le symptôme d’une tendance à la guerre dans la société.

Pierre De Villiers au JT de TF1 vendredi 10 novembre 2017

L’Histoire des périodes difficiles pour la bourgeoisie française montre qu’il y a toujours eu des éléments militaires qui sont sortis du silence « pour faire de la politique ». Ces coups de forces peuvent être médiatiques, politiques voir militaires.

Par-exemple, le 23 février 1899, en pleine crise économique et dans un climat antisémite (affaire Dreyfus), le général Paul Déroulède porté par l’idéologie nationaliste du général Boulanger tente un coup de force contre le régime républicain naissant.

Des militaires français faisant le geste antisémite dite de « la quenelle » devant une synagogue…

En 1937, c’est l’organisation fasciste « La Cagoule » en lien avec le général Edouard Dusseigneur qui fomente une véritable conspiration clandestine contre la République du front populaire.

Les remous qui agitent les corps militaires lors des périodes de crise expriment l’existence dans la classe dominante de deux options politiques pour sauvegarder son pouvoir.

Aujourd’hui, ces fractions qui se font concurrence pour le pouvoir se divisent entre une proposition libérale en partenariat avec l’Allemagne et une proposition nationaliste et guerrière comptant « sur ses propres forces ».

Mais pour les secteurs qui veulent faire cavalier seul, il faut des moyens matériels et idéologiques ! C’est là qu’interviennent les ruptures du « devoir de réserve »…

En 2013, lors des « Manif pour Tous », des liens entre des officiers généraux et des organisations d’extrême droite (comme Civitas et les Identitaires) avaient été révélés. Il y a aussi en février 2016, le Général Christian Piquemal, ancien officier de la légion d’honneur, qui participe aux manifestations anti-migrants à Calais. Ce général a d’ailleurs récemment fait un discours vélléitaire devant un petit cercle nationaliste en Ardèche, appelant à la résistance nationaliste :

Quand l’injustice devient loi, la résistance est un devoir. Comme le prévoit l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1793 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Le soutien de Gilbert Collard, élu du FN, à Pierre de Villiers sur une base antisémite…

Et depuis juillet 2017, c’est Pierre De villiers qui accentue le renforcement de la guerre comme issue…

Ces pressions sont-elles le reflet d’un mouvement important dans l’armée ou seulement de quelques radicaux ?

Par exemple, dans une caserne de Versailles où résident 450 légionnaires et leurs familles, le score FN a atteint 33.7 % au premier tour (plus du double de la moyenne départementale). De plus ces études montrent une hausse du vote FN depuis 2012 bien plus élevé que celui enregistré dans la vie civile (+ 8.4 points contre 2.1 points).

Il y a aussi des anciens militaires qui organisent des camps d’entraînement para-militaires

La présence des idéologies d’extrême droite dans l’armée n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est bien  leur progression, leur extension, leur renforcement. Derrière, il y a même des pseudos groupuscules qui jouent sur le « folklore » du « putsch », comme la Dissidence Française et son président Vincent Vauclin qui en fait la base d’un (très mauvais) livre.

Le fantasme du Putsch entrentenu par le groupuscule « Dissidence Française »

Idéologiquement on retrouve chez ces militaires la même vision du monde qui est celle d’une opposition romantique à la « finance mondialiste » et au danger intérieur représenté par un soit disant « remplacement » de la majorité nationale par les minorités…

L’étoile rouge et ses 5 branches, symbole de l’internationalisme

Alors que la richesse de la France est bâtie sur l’exploitation des pays pauvres par certaines grandes entreprises, le soutien par l’extrême droite à ces pressions militaires montre que l’objectif est la mobilisation populaire derrière les conquêtes impérialistes.

Il est du devoir des antifascistes de refuser les idées, y compris « à gauche », de « front patriote » visant à reconquérir une soit-disant « souveraineté nationale » contre la « finance » ou « le mondialisme ».

En ce 11 novembre 2017, rappelons-nous du « plus jamais ça » ardemment défendu par un peuple meurtri par la boucherie de la première guerre mondiale…

Hier comme aujourd’hui, les dirigeants militaires sont des menteurs qui ne servent que la course à la guerre et au pillage…

L’ordre du jour de la gauche, c’est le front populaire en défense de la paix et de l’internationalisme !

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