En défense de la biosphère !

Un logo politique n’exprime pas un simple « style ». Le symbole antifasciste c’est un héritage particulier des forces de gauche et placer telle ou telle couleur en priorité n’est pas neutre. En ce XXIe siècle, nous estimons urgent que la mouvance autonome assume en priorité le drapeau vert derrière le drapeau rouge afin de rattacher l’héritage révolutionnaire du XXe siècle au problème urgent de l’écocide (déstruction généralisée et mondiale des écosystèmes et des espèces vivantes sur la planète).

Progrès historique et limite du capitalisme

Le complexe métallurgique d’Ugine en Savoie

De manière générale on vit mieux et plus longtemps. Les relations entre les personnes sont plus pacifiées qu’il y a 200 ans. Localement, les mentalités repliées sur les villages ont été cassés par le désenclavement des vallées avec des modes de transports permettant plus d’échanges et de rencontre. Enfin, internet est un outil formidable pour l’accès à la culture universelle dans les zones éloignées des grands pôles urbains.

Documentaire sur la classe ouvrière savoyarde.

Dans les alpes savoyardes, l’affaiblissement de la communauté villageoise par le développement des complexes métallurgiques a favorisé la vie collective dans les bas de vallée. La nécessité d’une main d’oeuvre plus qualifiée a engendré une élévation culturelle. Les rencontres entre prolétaires de différentes nationalités se sont multipliées, ce qui a cassé les vieux préjugés.

Mais au tournant du XIXe siècle, le capitalisme porte déjà en lui ses limites historiques. La petite propriété paysanne est conservée par le capitalisme local, y voyant là une aubaine pour la paix sociale. Les vastes complexes métallurgiques savoyards sont tournés vers l’armement du fait des élans coloniaux et guerriers.

La bourgeoisie, classe dirigeante du capitalisme, porteuse d’avancées sociales et culturelles devient réactionnaire et c’est la classe ouvrière qui devient le support du progrès historique, avec par-exemple des grandes avancées sociales comme la sécurité sociale, fondée par l’ouvrier savoyard Ambroize Croizat.

En ce début de XXIe siècle, il y a encore énormément de misère culturelle, d’inégalités et d’isolement social, avec une intensité plus ou moins forte selon les pays. A cette « traditionnelle » question sociale s’ajoute maintenant la problématique brûlante qu’est l’écologie.

Cet enjeu est apparu comme une nouvelle contradiction locale dans les années 1990. Cela a été visible principalement avec la construction de l’auroroute « blanche » en 1973 puis du viaduc des Egratz en 1981 permettant l’accès à l’Italie par le Trafic International Routier (T.I.R). Ce traffic international a engendré la lutte contre la pollution autour du site du Mont-Blanc.

Depuis, cette contradiction s’est approfondie avec des symptomes locaux, comme la polution de l’air, la fonte dramatique des glaciers, l’étalement urbain, le faible enneigement, etc. Ces symptomes locaux sont bien entendu liés au phénomène mondial que nous appelons l’écocide.

Nous avons dorénavant conscience que le XXIe siècle porte en lui la fin du capitalisme face à sa limite absolue : la destruction généralisée de de la biosphère.

Biosphère

Détruire l’ensemble de la biosphère, c’est-à-dire l’ensemble des organismes vivants et leurs milieux de vie, que ce soit sur la terre, dans les airs ou dans les mers, c’est saper les fondements de la vie elle-même. Déjà barbare, le capitalisme est devenu un système de mort généralisé qui doit être dépassé.

Les lois de la production capitalistes aboutissent à l’écocide !

Le mode de production capitaliste est avant tout basé sur le chaos de la production, la propriété privée, la recherche du profit et l’échange marchand. Ce sont ces lois de la société capitaliste qui aboutissent forcément à l’écocide.

La concurrence marchande est régulée par des acheteurs cherchant des produits à bas prix et des vendeurs voulant écouler un maximum de marchandises tout en ayant le leadership. Cela engendre la création de monopoles puisque les meilleurs vendeurs expulsent ceux dont les marchandises ne s’écoulent pas.

La réserve naturelle du lac d’Annecy

Ces monopoles doivent garder leur position de leader au risque de disparaître. Il faut écouler beaucoup de marchandises et rapidement, ce qui intensifie l’exploitation envers l’homme et la nature.

Les développements naturels produisent justement des « matières premières » au coût très faible car elles n’impliquent pas des procédes de fabrication proprement humain (le gaz par-exemple). Les monopoles capitalistes de l’extraction (pétrole, mines, sable, huile de palme) sont ainsi une des causes premières de l’écocide.

Par-exemple, extraire et vendre du pétrole participe du maintien de l’automobile avec le moteur à combustion comme principal mode de transport, cause importante de pollution de l’air.

Les monopoles continuent ces exploitations car il est plus rentable d’extraire de la matière naturelle à un faible coût de production plutôt que d’investir dans la recherche scientifique et de nouveaux procédés industriels. Cela donnerait une marchandise forcément plus chère sur le marché, avec le risque de perdre la position de monopole.

Mais il y a aussi le chaos de la production. Cette loi c’est l’absence de contrôle collectif des populations et des productions avec le gain personnel comme seul moteur de développement des individus comme des entreprises.

UU_2010.pdf

L’étalement urbain en Haute-Savoie. En rouge et orange, unités urbaines de 20 000 à plus de 50 000 habitantEs et en vert les communes rurales. L’établement urbain concerne principalement les vallées dans lesquelles les populations résident majoritairement.

Un exemple en Haute-Savoie c’est l’arrivée entre 2007 et 2012 de 50 000 nouveaux habitants, principalement dans la zone autour d’Annemasse et de Thonon-les-Bains du fait du cadre de vie et des offres d’emploi juteuses en Suisse.

Sans aucun cadre populaire démocratique, cette population s’installe « librement » et l’on a ainsi des centres commerciaux, des zones résidentielles, et des bretelles d’autoroute qui poussent n’importe où et n’importe comment, en fonction des demandes…

Inondation à Reigner au printemps 2015

En plus de détruire de vastes pans de nature (dont parfois des zones humides), l’étalement urbain est aussi une des causes des inondations locales comme celles du printemps 2015. C’est le chaos productif.

Ces lois essentielles de la production capitalistes aboutissent donc à l’écocide, dont les symptomes de plus en plus nombreux amènent la population locale à se politiser et à se mobiliser.

Mobilisation à Annecy en février 2017 contre la pollution de l’air.

Fascisme et patriarcat comme secours du capitalisme

A un tournant de l’évolution humaine, deux choses arrivent à la rescousse de la classe dominante : le fascisme et le patriarcat.

Identitaire

Une conférence du groupe identitaire à Nisse. Contre les monopoles capitalistes, l’extrême droite ne propose pas la lutte, mais la fuite et le repli local.

Le fascisme et en général les propositions réactionnaires nous proposent le retour à la petite propriété locale par l’idéalisation du passé et des traditions de la « communauté ». Le petit patron exploitant pour un marché local serait l’incarnation même d’une lutte « écologiste ».

Cette vision romantique se retrouve diffusée à des niveaux et pour des objectifs différents chez l’écologiste-réactionnaire Pierre Rabhi, la revue new âge-catholique « Limite » en passant par les grandes surfaces commerciales qui tentent de masquer leur véritable nature écocidaire. Ces personnes revendiquent d’ailleurs de manière provocante l’anti-véganisme.

Du fait que ces projets refusent la lutte des classes mais qu’elles cherchent une issue à la crise du capitalisme, ils ne leur restent plus que le repli local dans une communauté de vie idéalisant la « petite propriété ».

C’est le sens par-exemple du projet communautaire de l’association d’extrême droite identitaire « Des racines et des Elfes » en Bourgogne.

SuperU

La démagogie réactionnaire et la valorisation du « local » par Super U plairont aux romantiques et aux identitaires !

En plus de bloquer la marche du progrès, ces pseudo-propositions masquent le fait que le capitalisme sort justement de la petite propriété et que cela n’abolit ni la classe dominante ni les lois capitalistes engendrant l’écocide.

A côté de ces propositions peu crédibles, il y a le rejet et le mépris, parfois violent, pour faire taire la critique écologiste. Se soucier de la nature (fleurs, plantes, animaux) ce serait être un « hippie », un « baba-cool ».

Derrière cette opposition souvent portée par des hommes, il y a justement la virilité masculine. La domination de l’humanité sur la nature est quelque chose de très ancien, datée historiquement par l’usage du feu, l’agriculture et la domestication des animaux.

Cette domination sur la nature fut essentiellement portée par les mâles en même temps que les femmes étaient renvoyés au seul espace domestique. C’est ce qu’on appelle le patriarcat.

Dans le rejet méprisant de l’écologie, il y a donc la résurgence de cette vieille mentalité patriarcale. Il faudrait être « un dur » et ne pas « être fleur bleu ».

Le capitalisme nous éduque à considérer la nature comme nous appartenant « de droit » et le patriarcat cautionne moralement la violence de nos comportements envers les plantes et les animaux.

Pour le progrès historique, lutte révolutionnaire contre l’écocide !

Antifa

Pour conserver la marche du progrès, notre devoir de révolutionnaire est de stopper la régression dans la violence et la mort. Il faut non pas espérer « revenir » au local mais bien abolir la propriété privée capitaliste, historiquement issue de la petite propriété artisanale. Cette forme de propriété amène à la concentration des moyens de production et de transport dans les mains d’une minorité qui aboutit à l’écocide.

L’appareil d’Etat organisé autour des grandes entreprises et de leurs sous-traitants façonnent nos vies sans que nous n’ayons rien à dire : faut-il s’enfuir dans une communauté lointaine ou bien abolir la classe sociale qui détruit tout et nous emmène dans sa chute ?

A l’inverse des réactionnaires qui veulent un retour en arrière, nous avons une proposition positive, moderne et tournée vers l’avenir, celle d’une production sociale rationnelle, planifiée et en harmonie avec la biosphère (en rejettant l’exploitation animale).

Bref, il nous faut collectiviser la production et élaborer de manière démocratique la planification d’une nouvelle société respectueuse de la nature, dans laquelle l’humanité ne sera plus qu’une partie. Nous voulons une société harmonieuse et pacifiée entre les humains et avec la nature !

Pour la nature, luttons contre le patriarcat et la violence du capitalisme !

 

Contre les visions réactionnaires, pour la défense de la biosphère !

 

Rouge parce que vert, vive les luttes populaires contre l’écocide !

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