A propos des Manifestives et du tournant pour les freeparty

Ce samedi 18 mars 2017, dans les grandes villes de France, des sound-systems et leur public vont occuper les rues pour protester contre la répression des freeparty avec pour principale revendication l’accès à plus de droits.

Lors d'une Spiral Tribe

Lors d’une Spiral Tribe

Qu’est ce que cela signifie ? Que cela s’inscrit dans la lente intégration de la fête libre au capitalisme. Plus de droits impliquent plus de lois et plus de contrôle. La freeparty est un des derniers espaces culturels qui peut prétendre à être en confrontation complète avec le capitalisme et qui véhicule une culture d’autonomie populaire. Ces revendications pacificatrices vont à l’encontre de cette culture d’autonomie et sont le reflet de la dépolitisation, de la volonté de fuite, de juste s’amuser face à la pression de l’enfer capitaliste. C’est la perspective du week-end qui nous permet de subir l’exploitation salariée ou la marginalisation la semaine.

Pour toute personne adhérant au mouvement et aux valeurs de la freeparty et souhaitant qu’il reste authentique, il est absurde de demander des droits pour les teufs.

Kevin Saunderson, Derrick May et Juan Atkins (Model 500) ... Pionniers de la techno à Detroit.

Kevin Saunderson, Derrick May et Juan Atkins (Model 500) … Pionniers de la techno à Detroit.

Ce que les free parties subissent en repression ces dernières années n’est que le reflet d’un durcissement des insitutions bourgeoises qui essayent de conserver un ordre apparent dans la société en général. Ce que nous disons, c’est que tous les pôles de regroupements (squats, lieux culturels alternatifs, manifestantations, quartiers populaires…) avec un potentiel politique nocif pour l’Etat sont victimes de cette repression et qu’il est illusoir de penser que ces lieux/mouvements puissent subsister tels quels avec la bénédiction des institutions. Immanquablement, une forme de contrôle et/ou de pacification est mis en place pour vider ces milieux de leur subversion et de leur potentiel mobilisateur. Dans la période actuelle la lutte s’intensifie dans tous les secteurs en marge de la légalité bourgeoise, il ne faut pas baisser les bras et répondre au chant des sirènes de l’intégration.

Que représente la teuf pour l’Etat ? Un regroupement intergénérationnel, populaire et multiculturel de personnes passionnées de techno qui subissent la précarité sociale, la misère culturelle et qui refusent activement le jeu de la culture capitaliste. Comme pour les révoltes dans les quartiers populaires et la convergeance avec des forces révolutionnaires, c’est l’organisation autonome qui est menaçante pour le pouvoir et qui motive la répression. Car si cette organisation se concrétisait dans une lutte prolongée et assumée contre les institutions capitalistes, elle disposerait de réseaux de résistance efficaces.

Dans ce cadre, demander des droits à l’Etat, c’est abandonner ces principes et céder à la pression de la bourgeoisie contre l’autonomie populaire.
Pour nous opposer à la répression, il serait juste d’aller vers la politisation du mouvement afin qu’il assume son héritage anticapitaliste, universaliste, autogestionnaire et qu’il devienne une force contestatrice à part entière. Là où il y a des syndicats pour s’organiser contre les patronNEs, des organisations de femmes ou de victimes du racisme,  il y a la freeparty pour lutter contre la culture marchande.
Contre la réappropriation identitaire de la culture techno

Contre la réappropriation identitaire de la culture techno

Seulement, comme toutE teufeur et teufeuse le remarque déjà, il y a une démultiplication de « fausses » teufs, notamment en ville ou même en extérieur, avec des entrées payantes et une absence des codes tacites qui font de la teuf des endroits où règne le respect et la convivialité. Ces soirées nous laissent deviner l’avenir des parties, une fois plus encadrées, avec des infos publiques et des carrés VIP, qui sait ?

Aussi, comme montré dans cet article des Morbacks, le mouvement des FreeParty est gangrené par les idées réactionnaires. On retrouve ainsi de plus en plus d’adeptes de l’idéologue antisémite comme Alain Soral, du penseur réactionnaire Pierre Rabhi ou même maintenant des nationalistes qui viennent faire de la propagande néo-nazie en teuf. Derrière ces idées il y a une prétention à être révolutionnaires mais avec des ennemis personnifiés dans l’étranger comme remplacement de l’analyse rationnelle des rapports sociaux.

Le mouvement techno est à la base un mouvement métissé et populaire, né dans des quartiers défavorisés des Etats-Unis, comme par-exemple, à Detroit. Les personnes actrices du mouvement qui se rappellent de cela doivent assumer l’antifascisme car les forces qui pénètrent et nécrosent aujourd’hui le mouvement vont à l’encontre de ses valeurs initiales et bloquent tout potentiel émancipateur. A ce stade, soit le mouvement techno se fait complètement absorber par le capitalisme et les idéologies dominantes réactionnaires, soit l’antiracisme, l’antisexisme et la lutte contre le capitalisme deviennent des piliers historique de la culture techno comme base d’appuis culturelle de la contestation.

CONTRE « LES DROITS », ASSUMONS L’OPPOSITION AU CAPITALISME ET AU FASCISME !
 

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