Résolution antifasciste 2017 (partie 6.a sur 9) : Macron, le candidat de l’atomisation ultra-libérale.

En tant qu’antifascistes, notre ligne d’analyse c’est le degré d’influence de chaque candidature avec le niveau de décomposition idéologique ainsi que l’impact de leurs propositions sur l’isolement social et le desespoir, principaux moteurs du fascisme en temps de crise.

Commençons donc par la proposition d’Emmanuel Macron. Pour se faire une idée du terreau culturel et politique qui l’alimente, voici quelques extraits de propos de personnes qui ont rejoint son mouvement « En Marche ! » :

« C’est l’idée d’être en dehors des partis qui m’a attiré » / « Il m’a convaincu. C’est le seul homme politique qui propose quelque chose de trans-partisan et quand on est jeune, on a du mal à se mettre dans les cases droite/gauche » / « Il est jeune, il est dans le progrès et il est très à l’écoute. Nous, on ne veut plus de la gauche, plus de la droite, on veut du renouveau »

SternhellLa candidature d’Emmanuel Macron c’est la perspective d’un « modernisme » sans réel projet politique et culturel derrière. D’ailleurs, Emmanuel Macron a décidé qu’il ne sortirait pas de programme avant d’être élu. Nous avons besoin de valeurs, de contenu, d’un projet positif, de repères sur lesquels s’appuyer et ce Monsieur déclare à lui seul tout envoyer en l’air…

Emanuel Macron utilise la notion de « ni Droite ni Gauche » comme pilier de son identitté politique. Nous rappelons que cela alimente l’idée véhiculée par le fascisme qu’une synthèse entre les deux est possible. Ainsi il se permet aussi de bricoler avec tout et n’importe quoi, alliant figures progressistes et délires ultra-réactionnaires.

« On ne construit pas la France, on ne se projette pas en elle si on ne s’inscrit pas dans son Histoire, sa culture, ses racines, ses figures : Clovis, Henri IV, Napoléon, Danton, Gambetta, de Gaulle, Jeanne d’Arc, les soldats de l’An II, les Tirailleurs sénégalais, les Résistants, tous ceux qui ont marqué l’Histoire de notre pays… »

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Une déclaration nationaliste d’Emmanuel Macron à un quotidien italien : « ni de droite, ni de gauche, nous sommes seulements français ! »

Plus confusionniste que cela, tu meurs ! Il n’y a rien derrière ce discours si ce n’est une envolée nationaliste masquée derrière un bricolage « moderne ». Bien sûr Emmanuel Macron ne dit rien du fait que les « Tirailleurs sénégalais » ont été de la « chair à canon » dans les guerres impérialistes qui n’ont rien à voir avec l’option impérialiste représentée par De Gaulle… Cela rejoint les envolées incohérentes et sans fondements sur la colonisation comme « crime contre l’Humanité » en parallèle d’affirmations sur la soit-disant « humiliation »  des personnes ayant participé aux mobilisations ultra-conservatrices « Manif pour tous »…

En fait, l’insistance d’Emmanuel Macron sur la ligne « ni droite, ni gauche » est dans la tradition historique des personnes cherchant à masquer leur défense du capitalisme par de la pseudo-nouveauté. D’où le titre raccoleur de son livre « Révolution »…  Sa mise en avant du « modernisme » est l’expression de tout un Macronréseau de grands patrons issus des secteurs « branchés » du capitalisme (comme Xavier Niel, patron d’Iliad-Free ou Frédéric Mazzella cofondateur de Blabla Car). Un de ses soutiens,  Henry Hermand, est peut-être celui qui illustre le mieux la ligne du modernisme sans contenu politique et idéologique réel. Ce patron qui a fait fortune dans le secteur prolifique de la distribution, est également administrateur du cercle de pensée « Terra Nova » proche du P.S. Ce cercle de pensée, largement financé par les grandes entreprises capitalistes comme EDF, Areva, Casino, Viendi, Sanofio, etc., est en effet à l’initiative de la décomposition idéologique du P.S à partir de 2007-2008.

Au regard de cette base sociale et du terreau idéologique portant Emmanuel Macron, on comprend mieux son projet de société où tout le monde serait un « auto-entrepreneur », sous-traitants des grands entreprises capitalistes. Un modernisme sans contenu réel, ou l’illusion de la liberté dans la défense acharnée de l’exploitation capitaliste…

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« Ni droite, Ni gauche » mais surtout défense absolue de l’impérialisme français…

Lorsqu’on met bout à bout les grandes lignes idéologiques de ce candidat, il y a un boulevard pour l’extrême droite : populisme, confusionnisme et annonce de renouveau bien que candidat des secteurs précis du capitalisme français. En période de crise du capitalisme, les thématiques du « renouveau » et de l’ « expertise technique » en période de crise du capitalisme sont d’ailleurs toujours l’apanage des fascistes.

Bref, de part ses élans populistes, la candidature d’Emmanuel Macron ne nous aide pas d’un pouce dans la défense d’un héritage progressiste et antifasciste. Pire, par son projet économique d’atomisation de la société, il renforcerait clairement à moyen terme les racines sociales et culturelles du fascisme…

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